07/10/2026 : Projection-débat : Louvain-la-Neuve, ton univers impitoyable
Le mercredi 7 octobre, l’équipe de Wilfried, en partenariat avec la SONUMA, vous invite à l’Aula Magna pour une plongée dans les archives audiovisuelles de Louv...
Wilfried est un média comme il n’en existe aucun autre en Belgique. Publié quatre fois par an, sur du papier, le magazine Wilfried se tient à distance des micro-incidents de l’actualité pour mieux explorer les grands courants de notre temps.
La solitude des profs
On n’avait plus vu ça depuis trente ans, depuis les grandes grèves de 1996. Une contestation massive, longue, acharnée, tendue. Au printemps dernier, à Liège ou à Bruxelles, à Leuze-en-Hainaut comme à Waremme, la colère enseignante s’est heurtée aux murs du pouvoir politique. Et, relayée par les élèves, elle s’y heurte encore actuellement. Wilfried est donc remonté aux racines du malaise. Un malaise qui couve depuis très longtemps. Aux idéaux déçus du Pacte d’excellence, un des plus grands chantiers politiques de ce siècle. Aux dilemmes des luttes sociales et aux coups d’épée dans l’eau. À l’avalanche de réformes qui exténuent les profs. Aux contradictions d’une société qui demande à la fois plus d’égalité et plus de performances individuelles, qui exige une meilleure maîtrise des « savoirs de base » tout en recommandant de sauter dans le train du tout-numérique. Au sentiment qui aujourd’hui prévaut dans les écoles : une solitude infinie. Dossier spécial enseignement, dès lors. Avec parole donnée aux enseignantes et enseignants et aux élèves, du général et du technique/professionnel. À toutes et tous les protagonistes de la conception et de la naissance du Pacte d’excellence (politiques, syndicats, experts) aussi. À celles et ceux qui ont mené par le passé des mouvements de contestation au long cours, enfin, avec ou sans victoire à la clé.
Aussi au sommaire de ce numéro (et entre autres) :
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Du 12 août au 24 septembre 1992, la cité des Hurlus s’est transformée en cité de la peur. Parce que quelqu’un y tirait, la nuit, sur celles et ceux que son chem...
Poids lourd de la politique en Belgique durant près de quarante ans, ancien chef de la diplomatie belge, ancien commissaire et député européen, Louis Michel observe toujours aussi passionnément l’actualité internationale. Face aux convulsions et déflagrations de ces dernières années, celui qui fut aussi président du parti libéral livre son analyse. Cash, comme il l’a toujours été. Sans cacher son dépit de voir le droit international foulé, l’égocentrisme états-unien se renforcer et l’Europe rester impuissante. Il aborde aussi les actions militaires d’Israël en Palestine, et pas que depuis le 7 octobre 2023, et l’occasion manquée, dit-il, d’ouvrir les portes de l’UE à Vladimir Poutine, il y a près d’un quart de siècle. Entretien. Où l’on croise les fantômes de Fidel Castro, Shimon Peres, Yasser Arafat, Jacques Chirac, Augusto Pinochet… Et un peu Georges-Louis Bouchez, évidemment.
Ex-député fédéral, échevin à Verviers, philosophe et féru de relations internationales, Malik Ben Achour se réjouit du regain d’intérêt de la population pour la politique étrangère. Dans les mobilisations pour Gaza, il voit l’illustration d’un de ses credo : « La solidarité avec le proche passe par la solidarité avec le lointain. » Corollaire : la loi du plus fort ne s’impose pas si aisément, quoi qu’on dise. N’empêche, la gauche, pense-t-il, doit se ragaillardir en partant de quatre piliers : les datas et l’IA, l’énergie, les terres rares et la défense. Ce qui exige de nouvelles alliances. Et la production de bien davantage d’ingénieurs qu’aujourd’hui.
Il fallait qu’il la poursuive jusque dans la capitale de l’Empire perse, ce compatriote grincheux, agressif, sûr de ses droits. Quand Gaea Schoeters parle des Flamands, ce « drôle de peuple » qui est le sien, on goûte à la noirceur de son œuvre « teintée de réalisme magique ». L’autrice du « Trophée », le seul de ses livres traduits en français, décrit à « Wilfried » une société de droite qui enfante des écrivains de gauche, pas franchement à leur aise quand il s’agit de mettre en avant leur identité culturelle. Ni de vendre des livres en dehors de leurs frontières.
Dans la nuit du 11 au 12 septembre 1970, à Laeken, quatre colleurs d’affiches pour le FDF sont agressés par un commando de neuf voyous du VMO, un groupuscule d’extrême droite flamingante et néonazie. Ils font subir un tabassage en règle à l’un d’eux, un enseignant de 34 ans, Jacques Georgin, qui en décède aussitôt d’une crise cardiaque. Il est, à ce jour, l’unique victime mortelle de nos contentieux communautaires.