La vie insulaire des béguinages, un archipel de quiétude dans la Flandre de Bart De Wever

Wilfried – N°12 – Été 2020
mercredi 1 juillet, 2020

Hier, les béguinages rassemblaient des communautés de femmes vivant en milieu urbain à l’écart des hommes. Aujourd’hui, lieux de silence et de lenteur, ils sont un refuge pour les esprits rêveurs, dans un XXIe siècle bruyant et connecté. Des endroits à part. Loin du vacarme des quatre-voies, loin de l’étalement des quatre-façades. Les éructations de l'extrême droite nationaliste.

La tonte de la honte pour les baisers défendus

Wilfried – N° 11 – Printemps 2020
mercredi 1 avril, 2020

Putes, traînées, paillasses à Boches : les Belges qui couchèrent avec l’occupant allemand devaient être punies. En 1918 déjà, certaines eurent les cheveux tondus. Le petit rituel infamant se répéta après la Seconde Guerre mondiale. Des chignons tombèrent dans une ambiance de liesse. Plus tard, le mouvement nationaliste flamand fit de la tondue une icône de la répression antiflamande. Mais en vérité, en 1918 comme en 1944-1945, c’est la sexualité de ces femmes qu’on punissait : accusées d’antipatriotisme, elles étaient avant tout des traîtres à l’ordre des familles. Ceci n’est pas votre corps, rappelait la communauté, mais le nôtre.

« Slutshaming » à l’UCL, femina non grata

Wilfried – N° 11 – Printemps 2020
mercredi 1 avril, 2020

C’était il y a dix ans. Une étudiante prise en photo alors qu’elle simule une fellation sur un ami, en pleine soirée, à Louvain-la-Neuve. La photo qui circule à son insu, le campus qui la lynche pendant plusieurs mois. Et les autorités académiques de l’UCL qui s’arrangent, témoigne-t-elle dans ce récit, pour se débarrasser d’elle comme d’un parasite. Un épisode de revenge porn avant l’heure, une « chasse à la salope » qui semble d’un autre temps. Reste à savoir si la plus jeune ville de Belgique est vraiment moins misogyne qu’avant.

Covid-19 : une guerre sans arme entre les mains de trois femmes

Wilfried – N° 11 – Printemps 2020
mercredi 1 avril, 2020
Cela s’est passé un vendredi 13, en 2020. La Belgique commençait à comprendre : ce n’était pas une grippe, ce n’était pas une exagération. Cela ressemblait à un rêve, mais rien n’était plus vrai. Cette réalité à peine croyable, Wilfried a voulu la saisir au vol, en laisser une trace. Depuis le sommet de l’État jusqu’aux travailleurs de première ligne. Pour mémoire.

Les racines flamandes de Marguerite Yourcenar

Wilfried – N° 10 – Hiver 2020
mercredi 1 janvier, 2020

La romancière Caroline Lamarche raconte les monts des Flandres, une terre de contrebande à cheval sur deux pays, non loin de la mer du Nord. Marguerite Yourcenar y a grandi au début du XXe siècle, dans une atmosphère de campagne breughélienne. Militante écologiste de la première heure, la grande écrivaine aura trouvé dans la lumière mouillée du ciel flamand le ferment de ses engagements ultérieurs.

Tournai, mégadancings à la douane

Wilfried – N° 10 – Hiver 2020
mercredi 1 janvier, 2020
Tournai, ancienne capitale nocturne de l’Europe ? C’est ce qu’affirment les nostalgiques de ces soirées débridées le long de la chaussée Montgomery, juste à l’intérieur de nos frontières. Des colonnes de Français attirés par la fête à la belge se déversaient au Cap’tain ou à la Bush. Certains se fracassaient contre un mur en rentrant. Le bourgmestre de Tournai a imposé l’extinction des néons après trois heures du matin. Tant pis si la « guince » n’a plus le grain de folie d’autrefois, et les mégadancings le même chiffre d’affaires.

Deportivo Flandria, un lion ne meurt jamais

Wilfried – N°9 – Automne 2019
dimanche 1 septembre, 2019

Depuis plus d’une décennie, le Vlaams Belang s’attèle à réveiller une chimère endormie : créer une équipe nationale de football flamande. Une plongée dans le passé rappelle que la dernière sélection de ce genre pactisait avec les nazis. À la même époque, un entrepreneur courtraisien établi dans l’hémisphère sud tentait de faire rayonner une Villa Flandria en Argentine, au travers de la foi et du coton, mais surtout du ballon rond.

De Liège à Coxyde, sur les pas de Georges Simenon

Wilfried – N°9 – Automne 2019
dimanche 1 septembre, 2019

Un siècle et un an après la fin de la Première Guerre mondiale et presque cent cinquante jours après le début d’une crise politique qui sera longue, Wilfried a parcouru la Belgique d’est en ouest. En suivant les pas de Georges Simenon et des décors qui l’ont inspiré, car il fallait bien un guide pour cette grande traversée, de Liège à Coxyde, où se torsadent la mémoire des conflits armés, le regain de l’extrême droite et les tourments de l’âme belge. Au bout du voyage, face aux dunes, quelle impression restera-t-il, sinon celle d’un pays bric-à-brac où toute certitude est mise au défi ? Sous ces latitudes humides, même la boussole simenonienne — comprendre, ne pas juger — semble se dérégler.

Génocide Tutsi, un suspect sur le campus de Louvain-la-Neuve

Wilfried – N°9 – Automne 2019
dimanche 1 septembre, 2019

Vingt-cinq ans après une tragédie qui a fait huit cent mille morts en cent jours, la Belgique, qui a reconnu sa « part de responsabilité » dans le génocide tutsi, est toujours hantée par les événements. À Louvain-la-Neuve, sur le campus de sa plus grande université francophone, le nom de Vincent Ntezimana continue d’être associé à des crimes de guerre. Le cas de ce chercheur rwandais avait opposé un climatologue de réputation internationale et un haut dirigeant du PTB. Dans les couloirs du Cyclotron, un quart de siècle plus tard, le souvenir reste vif, les silences pesants.

Ostende, la reine des naufragés

Wilfried – N°9 – Automne 2019
dimanche 1 septembre, 2019

Hugo Claus, Marvin Gaye, Stefan Zweig, Arno : tous ces oiseaux blessés sont passés par Ostende, en quête de l’esprit libertaire qui faisait la réputation de la plus grande cité balnéaire de Belgique. À cette liste de naufragés s’ajoutent désormais les immigrés, les pauvres et, plus récemment, les socialistes du SP.A, balayés par le Vlaams Belang aux dernières élections. Comme à Ostende et comme partout.