Zakia Khattabi : « Je ne rêve pas de faire gagner le parti, je rêve de changer le monde »

Wilfried – N°3 – Printemps 2018
dimanche 1 avril, 2018

Surnommée « la Baronne » par Jean-Michel Javaux, Zakia Khattabi en porte fièrement la parure : perles au oreilles, éventail et veste Barbour. Cette panoplie de bourgeoise catholique bon teint est bien entendu trompeuse. Née il y a 41 ans à Saint-Josse-ten-Noode, la coprésidente d’Ecolo a grandi dans un milieu populaire et musulman. À la maison, ils étaient sept, avec un père ouvrier et une mère voilée. Ce qui n’a pas empêché les études « intellectuelles », le féminisme et le succès politique d’une forte en gueule qui a aussi été sacrée web leader de l’année, notamment pour son utilisation féroce de Twitter.

Philippe Moureaux : « Dehaene et moi, nous avons sauvé le pays du naufrage »

Wilfried – N°3 – Printemps 2018
dimanche 1 avril, 2018

Philippe Moureaux, aux yeux de ses nombreux détracteurs, reste le bourgmestre qui a laissé se propager l’islamisme à Molenbeek pour des raisons électorales. Le cliché est un mensonge, rétorque l’intéressé, qui brandit ses états de service : une vie politique riche et variée. L’ancien vice-Premier ministre rappelle qu’il a jadis été une figure centrale du socialisme belge, participé à des négociations institutionnelles arrosées au whisky et même sauvé plusieurs fois le pays de la violence séparatiste. Malade, Philippe Moureaux fréquente désormais plus souvent les hôpitaux que les hémicycles. Pour Wilfried, il ouvre la boîte aux souvenirs et aussi celle aux formules toujours incisives.

Dans l’isoloir : nos politiques se confient

Wilfried – N°3 – Printemps 2018
dimanche 1 avril, 2018

Nicolas Martin (PS), Esl Ampe (Open VLD), Françoise Schepmans (MR) et Barbara Trachte (Ecolo), répondent aux questionnaires décalés d'Elisabeth Debourse.

Bart De Wever : « De César, je suis devenu Auguste »

Wilfried – N°3 – Printemps 2018
dimanche 1 avril, 2018

On connaît la passion de Bart De Wever pour l’histoire romaine. Le bourgmestre d’Anvers, qui est aussi aux yeux de certains le véritable Premier ministre du pays, se rêve-t-il pour autant en nouveau Jules César ? Non. S’il devait vraiment y avoir comparaison, il serait plutôt un mélange contemporain d’Auguste, l’instigateur de la Pax Romana, et de Cicéron, qui utilisait des moyens de propagande très modernes pour diffuser son discours. Une vision de l’histoire qui n’est pas sans ambiguïté – une ambiguïté qu’admet et même revendique le président de la N-VA, qui envoie au passage quelques piques à ses ennemis politiques actuels. Normal, quid expectatis ?: vous vous attendiez à quoi ?

Sven Gatz : « On peut changer le système, mais pas trop vite »

Wilfried – N°2 – Hiver 2018
lundi 1 janvier, 2018

Jeune, on l’a vu ronchonner contre l’oppression francophone que rencontraient les Flamands dans les magasins de la capitale et, plus tard, tenter de donner un nouveau sens politique à la Volksunie, l’ancêtre de la N-VA. On l’a aussi vu rejoindre l’Open VLD, tout en se réclamant de gauche, puis disparaître de la scène politique le temps d’un poste de direction à la Fédération des brasseurs de Belgique. Aujourd’hui ministre flamand de la Culture, Sven Gatz n’est toutefois ni une girouette, ni quelqu’un de forcément docile. « Mettre du houblon dans la bière, dit-il, c’est comme poivrer sa soupe. Il est assez dur de trouver le bon équilibre. » En politique aussi, car pour lui, soit on se montre ancré à des principes inflexibles, soit on évolue avec la société. Il a choisi cette seconde voie et c’est ce qui explique que le (quasi-)flamingant de jadis prône aujourd’hui une (quasi) nouvelle belgitude.

Alda Greoli : « Je ne crois pas en la lutte des classes »

Wilfried – N°2 – Hiver 2018
lundi 1 janvier, 2018

Quand elle est apparue, du goudron et des plumes l’attendaient sur les réseaux sociaux. Hier inconnue, aujourd’hui figure en vue du CDH, Alda Greoli, la très atypique ministre de la Culture, s’emploie avec ténacité à coucher les pions des sceptiques.

Baloji :  » La Belgique n’est pas un pays métissé  »

Wilfried – N°2 – Hiver 2018
lundi 1 janvier, 2018

Né à Lubumbashi, puis passé de Liège à Gand dans une étrange translation, Baloji aime rassembler plusieurs identités à la fois. Depuis 2007, le cofondateur de Starflam chante en solo loin de la course aux views et du diktat musical des 16-25 ans. Il suit avec zèle la politique étrangère, mais surtout les vicissitudes de la Belgique, où « il y a vraiment deux pays ». Son prochain album sortira en janvier 2018. Et après ? Il convoque Churchill : « Le succès c’est d’aller d’échec en échec avec le même enthousiasme. »

Marc Goblet : « Jusqu’où va-t-on se laisser mépriser ? »

Wilfried – N°2 – Hiver 2018
lundi 1 janvier, 2018

Rares ont été les personnalités publiques autant haïes que Marc Goblet. Par sa parole, jugée outrancière, l’ex-leader de la FGTB se sera mis à dos la quasi-totalité de la classe politique et des éditorialistes, mais aussi un large public. Au point de recevoir des menaces de mort, assez précises pour être prises au sérieux. À 60 ans, cet inconditionnel de Jean Ferrat n’en démord pas. Malgré sa convalescence, il continue d’observer avec inquiétude la déliquescence (électorale et morale) de la droite au pouvoir et celle du socialisme à la liégeoise.

Les confessions décalées de nos politiques

Wilfried – N°2 – Hiver 2018
lundi 1 janvier, 2018

Les politiques se livrent à travers les questionnaires décalés signés Elisabeth Debourse. Place à Mathilde El Bakri (PTB), Bertin Mampaka (CDH), Bart Somers (Open VLD) et Özlem Özen (PS).

Gino Russo : « Je fonctionne avec les tripes et le cœur  »

Wilfried – N°1 – Eté 2017
samedi 1 juillet, 2017

Au temps de la marche blanche, Gino Russo a littéralement fait trembler l’État belge. Aujourd’hui, il se sent toujours en lutte mais c’est un combattant fatigué et ambivalent. Un potentiel candidat de la rupture qui hésite, car la politique l’a beaucoup déçu. C’est que lui ne respecte pas les codes habituels du marketing électoral, plutôt inspiré dans sa vision du monde par le football italien, les films des frères Dardenne et, bien entendu, son vécu de père, d’ouvrier et de militant. Distribution de piques, en attendant la révolution.