« Les femmes politiques ne sont pas des mauviettes »

Wilfried – N°12 – Été 2020
mercredi 1 juillet, 2020

De la Wallonie, où Gwendolyn Rutten a vécu plusieurs années, elle apprécie la générosité, la franchise de Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez, l’égalité des chances offerte sans complexe. Sur la Flandre, où elle est née et où elle vit, elle jette en revanche un œil de plus en plus vigilant depuis un certain dimanche noir de 2019. Gwendolyn Rutten vient de raccrocher après huit années à la présidence du parti libéral flamand. Le temps l’a adoucie, dit-elle. Elle se sent sociale, rêve d’une politique qui ose le doute et l’honnêteté, veut exercer un pouvoir affranchi de tout titre. L’amorce d’une renaissance?

François Schreuer, le lanceur d’alerte ignoré

Wilfried – N°12 – Été 2020
mercredi 1 juillet, 2020

Il pressentait le danger d’une pandémie dévastatrice quand tout le monde parlait encore de grippe. Visionnaire ou alarmiste ? La question se pose souvent lorsque François Schreuer, conseiller communal rouge-vert à Liège, interlocuteur écouté des décideurs politiques wallons, prend position sur l’actualité. Ce qu’il fait plus ou moins tous les jours : entre la nonchalance de Maggie De Block, le nouveau tram liégeois, la dévastation des paysages de Wallonie et le « België barst » flamand, il y en a des choses, à commenter. Rencontre avec un supporter de Bernie Sanders, casquette de son mentor sur la tête.

Marie-Hélène Ska : « La paresse intellectuelle est en régression »

Wilfried – N°12 – Été 2020
mercredi 1 juillet, 2020

Malgré un langage plus feutré que jadis, on la dit encore parfois cassante. Secrétaire générale de la CSC, la confédération des syndicats chrétiens, Marie-Hélène Ska doit-elle ce caractère bien trempé à sa jeunesse dans les sillons du monde agricole, ou est-ce là une saine réaction face à un monde injuste ? De la violence institutionnelle révélée par la crise sanitaire au marketing électoral du PS et d’Ecolo, en passant par l’entre-soi de ministres de droite déconnectés, c’est qu’il y en a des raisons de muscler ses indignations. Quelques-unes, aussi, après la pandémie, d’espérer des lendemains meilleurs.

Nathalie Skowronek : « L’obligation de mourir seul m’a rappelé Antigone »

Wilfried – N°12 – Été 2020
mercredi 1 juillet, 2020

Plus ambitieux que le dîner idéal, plus excitant que le questionnaire de Proust : Wilfried propose à une personnalité de rêver son gouvernement idéal. Cet été, c’est Nathalie Skowronek qui s’y colle. L’auteure des romans « Karen et moi » et « La carte des regrets », lauréate  du prix de littérature 2020 de l’Union européenne, nous soumet un seize de base presque exclusivement féminin. Avec, quand même, un garçon, parce que bon, « il en faut bien un ».

Les enfants du monde d’après : jeunes esprits en cage

Wilfried – N°12 – Été 2020
mercredi 1 juillet, 2020

Pendant deux mois, ils ont vécu le scénario de ces huis-clos familiaux à l’ambiance oppressante. Avec un dénouement heureux : les enfants peuvent à présent, « piano piano », reconquérir les dehors, retrouver leurs amis et, pour certains, le chemin de l’école. Au moment où les murs tombent, ils dévoilent leurs blessures laissées par l’enfermement, les leçons qu’ils en tirent pour ce futur qui leur appartient. Tournée des chaumières, de Forest à Jupille.

L’Europe comme dans le « Baron Noir » ? « La population est prête à basculer »

Wilfried – N°12 – Été 2020
mercredi 1 juillet, 2020

Sa série anticipe si bien la réalité que les conseillers de Macron déplacent désormais leurs pions en fonction de « Baron noir ». Éric Benzekri évoque plutôt un jeu dont certaines cartes sont déjà sur la table, face visible. À quoi ressemblent elles, les cartes distribuées en fin de pandémie ? À rien de très joli. Mais il est encore temps de réagir, signale le créateur de la série, ancien militant du PS, fils d’un ouvrier ayant réchappé à la rafle du Vel d’Hiv. « Baron noir » met en scène Kad Merad, maire socialiste de Dunkerque. La Panne est à quelques arrêts de bus. Ce décor pourrait être celui de Flémalle, La Louvière, voire Ostende. C’est une histoire française, mais c’est aussi le tableau de bord de la politique européenne d'aujourd'hui.

Paul Magnette : « C’est un drôle de terme, le féminisme »

Wilfried – N° 11- Printemps 2020
mercredi 1 avril, 2020

En 2019, on était plus chauds que le climat. En 2020, on se lève et on se casse. De l’affaire Polanski à la loi sur l’IVG, du féminicide à l’intersectionnalité, Wilfried a voulu cerner la ligne politique défendue par le président du plus grand parti belge francophone sur le sujet incontournable de l’année : les droits des femmes et les violences qui leur sont faites. Où l’on apprend que le bourgmestre de Charleroi envisageait la construction d’un centre de prostitution, que Pasolini se souvenait de sa vie intra-utérine et que la lutte des classes, quand même, il y a des limites.

Et le cordon sanitaire ? « Quand le mal est caché, c’est parfois encore plus grave »

Wilfried – N° 11- Printemps 2020
mercredi 1 avril, 2020

Jusqu’à ces jours incertains du printemps 2020, en Belgique, on confina principalement l’extrême droite flamande. Né en 1989, le concept de cordon sanitaire entendait de façon très effective la maintenir à distance afin d’éviter une contamination du reste du monde politique. Les écologistes Jos Geysels et Marcel Cheron se souviennent de la mise en place de ce dispositif qui, trente ans plus tard, n’a toujours pas réussi le pari de l’immunité collective.

Tom Van Grieken : « Notre horizon, c’est 2024 »

Wilfried – N° 11- Printemps 2020
mercredi 1 avril, 2020

Durant la pandémie, l’extrême droite séparatiste continue d’avancer ses pions. Juste avant le confinement, un sondage donnait le Vlaams Belang à 27,3 % des intentions de vote, désormais loin devant la N-VA (20,7 %). Une remontée franchement inattendue pour un parti laissé pour mort en 2014, quand un jeune publicitaire du nom de Tom Van Grieken l’a repris en main. D’habiles et provocantes campagnes de marketing en ligne plus tard, voilà le Vlaams Belang en position de force, malgré le cordon sanitaire, et Tom Van Grieken de réclamer sa place sur le podium politique. C’est compter sans la crise multiforme qui ne fait que commencer, et qui pourrait tout aussi bien perturber les plans de l’extrême droite qu’accélérer la réalisation de ses desseins.

Hassan Jarfi et Gino Russo, deux pères au combat

Wilfried – N° 11- Printemps 2020
mercredi 1 avril, 2020

Ils ont Liège en commun et le bassin méditerranéen. Gino Russo et Hassan Jarfi ont aussi la même douleur vissée à l’âme: la perte d’un enfant dans des conditions d’une extrême violence. Melissa, 8 ans, fut en 1996 une des victimes de Marc Dutroux. Ihsane, 32 ans, fut sauvagement assassiné en 2012 parce qu’il était homosexuel. Inconsolables et solaires, ces deux pères ont fait émerger de leur souffrance une parole tranchante, politique. Cherchant à l’aveugle les origines du mal, comme ce virus qui continue de tuer. Au combat, même si c’est perdu d’avance. À tout jamais réveillés.